La poterie au Burkina Faso

 

 On pourrait définir la poterie comme l’art de fabriquer des objets utilitaires en terre cuite.Les ateliers où elle se pratique et les boutiques qui en font la vente portent également la même appellation.
 Présente dans nos cultures et traditions depuis les temps immémoriaux , cet héritage très ancien n’a cessé d’évoluer au fil des ans. En effet, les techniques de production, les formes et les fonctions de la poterie ont beaucoup évolué vers la modernité avec un accent plus appuyé sur l’esthétique et l’originalité.
Malgré l’apparition et l’utilisation de matériaux modernes, la poterie reste incontournable. On voit de plus en plus d’objets en terre cuite qui se démarquent vraiment du modèle standard dont ils prêtent la  forme : C’est de la poterie contemporaine.

La poterie pour moi 

Revenant de la ville de Manga, chef-lieu de la province du Zoundweogo dans la région du centre sud du Burkina, c’est en abordant l’entrée de la ville de Kombissiri, une commune rurale de la province du Bazega à quelques 43 kilomètres de Ouagadougou la capitale(que je rejoignais) qu'une odeur de terre cuite m’a plongée quelques secondes dans ma tendre enfance.                                                                          Là j'ai fermé les yeux et j'avais l’impression de pouvoir sentir l’odeur de la sauce gombo au poisson fumé en fin de cuisson,s’échapper de la marmitte en terre cuite de ma mère alors que je trainais près de la cuisine pour me faire servir en premier ou encore l’odeur de l’encens qui brulait dans l’encensoir en terre cuite chez ma grand-mère quand j'y allais pendant les vacances scolaires. Quels beaux souvenirs, les souvenirs de cette belle époque qu'a été mon enfance… qui n’aimerait pas cette odeur si agréable du contact de l'argile avec le feu ! Une odeur chaleureuse qui représente pour moi le foyer familial, la tendresse maternelle… 

   Je n’avais encore jamais vu de poterie entrain de cuire. La curiosité m’a poussée et je me suis arrêtée. Deux dames avaient leurs étals de poteries bien garnis juste en bordure de route et à l’arrière on pouvait apercevoir des fours archaiques aménagés, tout en fumée, d’où provenait l’odeur de la terre cuite.

Comment ces potières procèdent  

D’abord, il y a le mélange de matière première : argile, marne etc. Ensuite,  les matériaux sont malaxés manuellement ou mécaniquement (ici, les moyen mécaniques sont rares) puis la pâte obtenue est conservée au repos où elle pourra sécher a l’air libre durant une période allant de quelques semaines à des mois. Cette période est aussi appelée pourrissage. Enfin, la pâte séchée sera mise à la cuisson à 1000°C pendant au moins 10heures selon la taille de la poterie et du modèle de four selon la potière.

la poterie, cet art incontournable 

Que dire sur la poterie si ce n’est qu’elle est omniprésente dans presque toutes les ethnies au Burkina.        Elle a son utilité dans tous les domaines à savoir la médecine traditionnelle,la maternité,la dot dans le mariage, la cuisine, l’art,la décoration etc.En effet, de la naissance où le placenta est mis pour être enterré selon les coutumes, en passant par les tisanes pour la mère et l’enfant qui sont également préparées dans un canari, sans oublier ce canari qui manque rarement dans les concessions au Burkina,qui nous procure une eau naturellement fraiche, les marmites qui rendent le gout de la sauce différente, les belles assiettes où on sers le repas(écuelles) ,les encensoirs,statuettes, pots décoratifs etc. je finirai pas de citer mes chers amis! c’est également un  moyen de mettre en valeur notre culture à l’étranger par les objets qui sont vendus aux touristes.  

    Satisfaction                                                                             

J’ai ainsi pu satisfaire ma curiosité en échangeant avec ces dames puis en me rendant sur place voir comment elles procédaient pour la mise en forme, pour le séchage et la cuisson. Je me suis ensuite offerte quelques poteries : une assiette où j’allais servir mon foutou à la sauce graine bien chaude (les connaisseurs/ses peuvent en témoigner, c’est un délice de manger dans une écuelle en terre cuite), un nouvel encensoir pour la maison et une tirelire en terre cuite pour mes petites épargnes. Je regagnais ma belle ville de Ouagadougou plus riche en connaissances et très heureuse de mes achats.


TRAORE MARCELLE M.

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